à la découverte du nouveau BTS BioALC en microbiologie

Découverte du BTS BioAnalyses en Laboratoire de Contrôle: une formation pour microbiologistes

Entretien avec Philippe Sauty

Les laboratoires de microbiologie peinent à recruter des techniciens qualifiés. Alors, comment les formations s’adaptent-elles à cette réalité ?

Pour répondre à cette question, nous avons rencontré une équipe d’enseignants d’un BTS spécialisé en microbiologie dans le nord de la France.

Découvrez comment ils réorganisent leur formation et appellent à une plus grande collaboration avec les laboratoires de microbiologie.

Voici une interview passionnante avec Philippe Sauty, un enseignant enthousiaste et « super » motivé !

Présentation du nouveau BTS BioALC

Philippe Sauty enseignant microbiologiste au Lycée de l'Escaut à valenciennes dans le Nord. il porte un masque de SuperMicrobiologiste
Philippe Sauty, enseignant en BTS BioALC au Lycée de L’Escaut à Valenciennes.

Philippe, peux-tu te présenter en quelques mots ?

En septembre 2024, j’entamerai ma 28 éme année d’enseignement et ma 26éme au lycée de l’Escaut de Valenciennes. J’ai notamment enseigné en BTS Biochimistes, en BTS Bioanalyses et Contrôles et dans quelques mois, en septembre 2024,  se sera en BTS BioAnalyses en Laboratoire de Contrôle (BioALC).

« Le fait que le BTS est un diplôme professionnalisant prend encore plus son sens désormais. »

Le BTS Bioanalyses et Contrôles va changer de nom à la rentrée de septembre 2024, il va s’appeler BTS BioALC. Est-ce qu’il n’y a que le programme de formation va changer ?

Le contenu de la formation évolue énormément c’est vrai. Nous en reparlerons. Ce qui change également c’est l’approche qui est résolument “professionnelle”. Le fait que le BTS est un diplôme professionnalisant prend encore plus son sens désormais. De plus, les modalités de certification sont presque totalement délocalisées grâce au Contrôle en Cours de Formation (CCF). Cela signifie que la majorité des épreuves se déroulent dans l’établissement de formation sur des preuves élaborées par l’équipe pédagogique de formation. Seules quelques épreuves restent de portée nationale.

« L’idée est de former des techniciens supérieurs rompus à la vie de laboratoire et opérationnels dès leur sortie de formation initiale.« 

Quel est l’objectif de ce changement ?

L’idée est de former des techniciens supérieurs rompus à la vie de laboratoire et opérationnels dès leur sortie de formation initiale.

Il s’agit de faire de l’étudiant, et le plus rapidement possible, un expert de la paillasse.

Est-ce que cela répond à une demande des industriels ?

Oui bien entendu. Ils ont participé à l’élaboration d’un enseignement en blocs de compétences :

  • La gestion opérationnelle et documentaire au laboratoire.
  • La réalisation des analyses dans le cadre d’un contrôle qualité.
  • L’expertise pour l’optimisation des méthodes de bioanalyse.
  • Les relations professionnelles au laboratoire.

Embaucher des techniciens supérieurs autonomes, capables de mener une analyse ou un contrôle de bout en bout, de faire évoluer et d’optimiser les pratiques. Bref, former des experts de la paillasse.

Telles sont les attentes des professionnels.

equipe enseignante du BTS BioALC du Lycée de L'escaut de Valenciennes
L’équipe enseignante du BTAS BioALC de Valenciennes

Formation, Stages et Débouchés Professionnels

Comment se déroule la formation ? Y a-t-il des stages ?

La formation se déroule en deux ans incluant deux fois 7 semaines de stage. Au lycée de l’Escaut de Valenciennes, la première période est fixée de fin mai à mi-juillet et la seconde de début septembre à mi-novembre. Cette organisation est propre à chaque établissement de formation et les périodes de stage peuvent donc varier localement. La seule constante est que, dans la mesure du possible, au moins une période de stage doit se dérouler dans un laboratoire de contrôle industriel. 

Dans quels types de laboratoires peuvent travailler vos étudiants  une fois qu’ils ont obtenu leur diplôme ?

L’éventail est très large et ces laboratoires constituent également des terrains de stage privilégiés. Nos jeunes diplômés rechercheront donc des postes dans les bioindustries alimentaires pharmaceutiques, cosmétiques, dans les entreprises spécialisées dans le contrôle qualité des bioindustries, dans les services de contrôle sanitaire ou réglementaire. L’embauche pourra également se faire dans les laboratoires de biologie médicale mais pour contribuer à la gestion du laboratoire et de l’amélioration continue. 

Pour les laboratoires de recherche ou de R&D ce sera également possible mais, je pense que cela restera à la marge.

Qu’est-ce que tu pourrais dire aux étudiant.e.s pour les convaincre de suivre cette formation ?

Les étudiantes et étudiantes entrent en BTS BioALC avec comme perspective de se former à un métier en deux ans. A l’issue de cette formation, ils pourront envisager une poursuite en Licence professionnelle : le choix est très important ! Pour les meilleurs profils, une poursuite en école d’ingénieur est envisageable. Ces parcours permettent d’avoir le choix d’entrer sur un marché professionnel très actif ou de poursuivre une formation. L’essentiel est quand même de vouloir faire des sciences appliquées et comme on dit : “D’aimer les manips !”

Comment renforcer les relations entre les formations et les professionnels ?

Dans les labos, on entend souvent dire qu’il y a un écart entre ce qu’on apprend en formation et la réalité du laboratoire industriel. Qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer la situation ?

“Souvent” ? Cela peut arriver mais la plupart de nos étudiants, en stage ou fraîchement diplômés, donnent entière satisfaction. On nous dit que leur technicité est bonne, qu’ils maîtrisent les aspects théoriques et qu’ils adoptent les bon réflexes en matière de sécurité au laboratoire. Pour autant, sur des tâches plus quotidiennes (gestion de stock, le suivi métrologique des équipements, la communication professionnelle…) les choses sont perfectibles. C’est l’un des atouts de la rénovation du BTS qui intègre ces dimensions professionnelles. De ce fait, il nous faudra intégrer dans notre enseignement, une coopération plus étroite avec le monde professionnel. Visites de sites industriels, de laboratoires,  accueils d’intervenants sont autant d’outils qui nous permettront de parler “terrain”. J’attends de nouvelles propositions de la part des SuperMicrobiolistes des Hauts de France !

On a remarqué que certains SuperMicrobiologistes faisaient don de matériels fonctionnels mais réformés (diluteurs gravimétriques, broyeurs, incubateurs) ou même de milieux de culture périmés (milieux chromogéniques). Est-ce que c’est quelque chose qui pourrait vous aider ?

C’est une évidence ! Tout est susceptible de nous intéresser. Nous donnons une seconde vie au matériel réformé quitte à réaliser une remise à niveau. Ce n’est pas éco-responsable ça ? Pour les réactifs ou ces si chers milieux chromogéniques même périmés, nous savons quoi en faire. Cela peut être l’occasion d’en évaluer les performances après péremption ! Pédagogiquement cela a du sens.

Comment peut-on vous contacter ?

Sur la carte ci-dessous, il y a un contact dans chaque établissement pour faire une proposition de don. Cela baissera vos coûts d’élimination et ce sera une manière de participer à la formation de nos jeunes. Alors avis aux donateurs et merci d’avance !

Vous êtes enseignant.e dans l’une de ces formations ? Vous souhaitez compléter des informations ? C’est par ici.

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