Guide d’achat d’un biocollecteur d’air pour l’industrie pharmaceutique

 Le biocollecteur n’est certainement pas l’appareil le plus onéreux du laboratoire, mais le choix d’un modèle de biocollecteur est un sérieux engagement qui va vous suivre pendant de longues années. Pour ne pas se tromper il y a plusieurs critères à prendre en compte comme les performances techniques de l’appareil, la praticité de l’utilisation sans oublier la calibration et la maintenance.

 Dans cet article nous reviendrons sur tous les critères à évaluer avant d’acheter un nouveau biocollecteur. 

Voici la liste des biocollecteurs disponibles sur le marché français

Sommaire :

Avertissement : Cet article est le fruit d’un travail collaboratif continu qui se veut le plus objectif possible. Sur ce blog nous ne vendons aucun équipement, notre seul objectif est d’aider les microbiologistes.
Si vous souhaitez participer à ce travail collaboratif, écrivez-nous à pierre@supermicrobiologistes.fr. Nous mettrons régulièrement à jour cet article en y intégrant vos conseils.

Qu’est-ce qu’un bio-collecteur d’air ?

 Un biocollecteur ou bio-impacteur d’air est un appareil qui permet de prélever un grand volume d’air sur un temps court (exemple : 1000 litres en 10 minutes). L’air prélevé est directement impacté à la surface d’une boîte de Pétri pour permettre de quantifier et de caractériser (identifier) les microorganismes présents dans l’échantillon. Le résultat obtenu est exprimé en UFC/m3. 

Principe de fonctionnement d’un biocollecteur

 Cette méthode décrite dans la norme NF EN 17141 (qui remplace l’ISO 14698) est dite “active”. Elle permet d’avoir une représentation de la contamination présente dans l’environnement. Elle est complémentaire de la méthode dite passive (par sédimentation).

Des biocollecteurs tous aussi bons les uns que les autres… mais lequel conviendra le mieux à votre labo ? Réponse ⬇️

Les paramètres techniques du biocollecteur

La compatibilité avec vos boîtes de Pétri

Quelle taille de boîte de Pétri souhaitez-vous utiliser dans le biocollecteur, 55 mm ou 90 mm ? Souvent les fabricants proposent une compatibilité avec les 2 tailles, mais il faut choisir au moment de l’achat.

Il faudra également vérifier la compatibilité de vos propres boîtes de Pétri. Presque toutes les boîtes sont différentes, avec des hauteurs différentes et des remplissages différents (exemples vécus : gélose qui touche la cribles, ou boite qui ne tient pas bien à l’intérieur du biocollecteur).

Le débit du bioimpacteur

La plupart des biocollecteurs sont vendus avec un débit fixé à 100 litres/minute (la norme NF EN 17141 parle d’un débit de “typiquement 100 l/min”, sans restriction supplémentaire).

Mais depuis quelques temps certains fabricants proposent un débit supérieur (120 à 200 litres/minutes).

Avec 200 l/min l’avantage est clair, vous allez diviser par 2 votre temps de prélèvements. En revanche le risque est de diminuer votre taux de recouvrement (exemples : microorganismes endommagés lors de l’impact sur une gélose trop sèche, ou moisissure impactée trop en profondeur dans une gélose trop molle – manque d’oxygène).

A vous de vérifier l’absence d’impact du débit choisi avec vos géloses. Le jeu peut en valoir la chandelle (on divise quand même par 2 le temps de prélèvement !).

Les volumes à prélever

Vérifier que l’appareil est capable de prélever tous les volumes que vous souhaitez prélever. Idéalement dresser une liste que vous communiquerez au fabricant.

Le nombre de têtes de prélèvements

Si vous faites des prélèvements sur 2 milieux différents (TSA et SDA par exemple) cela peut être utile d’avoir un biocollecteur avec 2 têtes de prélèvement (cela permet de réduire le temps de prélèvement par 2).

Il existe même des biocollecteurs à 3 têtes pour effectuer des prélèvements séquentiels.

La capacité de la batterie

Il n’y a rien de plus énervant que de ne pas pouvoir finir sa tournée de prélèvements parce que la batterie est à plat. Demander le nombre de cycles que peut réaliser la batterie (exemple : 25 prélèvements de 1000 litres), la durée d’un chargement, ainsi que la durée de vie de la batterie (nombre de cycles de chargement).

Atex ou pas ?

Atex atex atex… aie aie aie !!

Si vous faites des prélèvements dans des environnements “explosifs”, il faut que votre biocollecteur ait une certification ATEX (ATmosphère EXplosives). La plupart des fabricants en propose mais il ne faut pas oublier de le demander (l’appareil sera plus cher).

La matière des cribles

Les cribles, également appelées grilles sont la plupart du temps en inox donc facilement autoclavables. Attention quand même à vérifier la qualité du perçage des trous. Dans certains cas nous avons vu des cribles avec des trous bouchés ou mal “limés”. Cela peut impacter la qualité des prélèvements.

Certains fournisseurs proposent des cribles à usage unique (pratiques dans certains cas mais pas très écolo !) ou des cribles en plastique autoclavable 10 fois (quel intérêt ?).

Vous pouvez également commander plusieurs cribles pour un même appareil. Dans ce cas attention à la traçabilité, les cribles doivent toujours être utilisées avec le même appareil (le biocollecteur étant calibré avec ses cribles)

La calibration du biocollecteur d’air

Vérificateur de débit

Question que nous avons posé sur LinkedIn (voir les réponses)

Chaque biocollecteur à un débit fixe, souvent 100 l/min. De temps en temps, il est possible qu’il y ait un problème avec l’appareil et que ce débit change :

  • S’il augmente cela signifie qu’on aura prélevé plus d’air que prévu. On risque donc de surestimer la contamination.
  • S’il diminue on va sous-estimer et dans ce cas (c’est du vécu) il faut reprendre tous les résultats depuis la dernière calibration et refaire les calculs.

Pour éviter de reprendre 12 mois de données, de plus en plus de fournisseurs proposent en option des “vérificateurs de débit”. Ces appareils permettent régulièrement vérifier que le débit est toujours conforme, cela apporte une certaine tranquillité d’esprit. Attention le vérificateur ne remplace pas la calibration.

Calibration

La calibration des biocollecteurs est réalisée une à deux fois par an à l’aide d’un banc de calibration. Cela peut être fait par le fabricant ou par un prestataire qui possède un banc de calibration compatible avec votre biocollecteur.

Cette calibration permet de vérifier toutes les constantes de l’appareil (débit, minuterie, etc…). Lors de l’achat il faut bien se renseigner sur les conditions de calibration :

  • Qui procède à la calibration, le distributeur, le fabricant, un prestataire ? Est-il situé en France ? Vous pouvez également demander le protocole de calibration et un exemple de certificat pour vérifier que toutes les infos dont votre AQ a besoin sont bien présentes.
  • Comment se passe la logistique…et généralement ce n’est pas une mince affaire. C’est très souvent quand c’est le rush au labo qu’on se rend compte qu’il faut calibrer l’appareil… Faut-il renvoyer l’appareil ? Si oui, est-ce qu’il a une boite de transport solide (Je préfère taire le nombre de biocollecteurs abîmés dans la livraison que j’ai vu) ? En combien de temps puis-je récupérer mon appareil?

Certains fournisseurs proposent de se déplacer dans le labo pour faire la calibration in situ, généralement ils le proposent pour un minimum d’appareil à calibrer en même temps.

  • Si vous avez plusieurs cribles avec votre biocollecteur, il faut les calibrer en même temps. Chaque appareil doit être calibré avec toutes ses cribles!
  • Et évidemment le prix (attention calibration ne veut pas dire maintenance, il s’agit souvent de 2 contrats distincts).

 Dernier point, qui se charge du rappel de calibration ? Un logiciel dans le labo (ou une personne), l’AQ, l’appareil lui-même, ou le fournisseur ?

L’utilisation du biocollecteur

Nettoyage de l’appareil

 Les biocollecteurs sont aujourd’hui de toutes formes et de toutes matières. Il faut donc vérifier la facilité de nettoyage de la coque de l’appareil ainsi que sa non-sensibilité à la poussière et à l’eau (indice IP).

Exemple IP65 : Indice de Protection à la poussière (premier chiffre de 0 à 6) et aux liquides (deuxième chiffre de 0 à 9). Plus le chiffre est élevé, plus l’appareil est protégé.

Facilité d’utilisation

Tester le biocollecteur en situation réelle, si possible par plusieurs utilisateurs pendant plusieurs jours.

  • Est-ce que la cribles est facile à ouvrir ?
  • Est-ce que la boîte est facile à insérer et à récupérer ?
  • La programmation et l’utilisation sont-elles intuitives ?

 Il y a souvent très peu de touches sur les biocollecteurs, cela peut être pratique ou un véritable casse-tête !

Stabilité de l’appareil en prélèvement

 Il y a très souvent du mouvement autour des appareils (surtout en production), il faut donc avoir des appareils qui soient le plus stables possible pour éviter qu’ils ne bougent pendant le prélèvement. En cas de chute, il faudra au mieux refaire le prélèvement… au pire racheter un biocollecteur.

Le déclenchement du prélèvement

On peut déclencher le prélèvement en appuyant sur le bouton directement sur le biocollecteur, mais très souvent on a besoin de quitter la salle avant de lancer l’analyse. Pour cela on utilise soit une télécommande Bluetooth (plus facile à écrire qu’à dire), soit un retardataire. Il faut donc vérifier que ces options soient disponibles ET qu’elles soient facilement utilisables.

La traçabilité des prélèvements et la connectivité

C’est souvent là que le bât blesse… Avant de se lancer, il faut bien identifier vos besoins (idéalement il faut les écrire sous la forme d’un petit cahier des charges).

  • De quelle traçabilité avez-vous besoin pour vos prélèvements ?
  • Devez-vous tracer l’opérateur, la salle, le point de prélèvement, la date, la boîte de Pétri, etc.
  • Souhaitez-vous que ce soit le biocollecteur qui gère cela ou avez-vous LIMS ou un autre logiciel de gestion des contrôles environnementaux ?
  • Décrivez au mieux votre “séquence” de prélèvement.

Toutes ses questions valent le coup d’être posées parce que les réponses pourront soit vous simplifier la vie, soit la complexifier grandement !

Si vous souhaitez que la traçabilité soit faite par le bio-collecteur il faudra vérifier la facilité d’utilisation et d’extraction des données.

Le poids

Les opérateurs trimballent le biocollecteur à longueur de journée, alors pour limiter le risque de TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) le poids et l’ergonomie de l’appareil doivent être pris en compte. Pour cela rien de mieux que de faire tester l’appareil en situation réelle par plusieurs opérateurs, sur une période significative.

Les accessoires

Il existe une multitude d’accessoires disponibles comme les trépieds, les perches, les lecteurs de code-barres, les imprimantes, les mallettes de transport, les chargeurs à induction, les chariots, les adaptateurs gaz, les vérificateurs de débit, etc…

La confiance en votre fournisseur !

Il reste un dernier argument, qui sera le même pour toutes les technologies, c’est… la confiance que vous avez en votre fournisseur !

Cet argument peut paraître subjectif, mais il est important et peut reposer sur des critères tangibles, comme :

  • Est-ce facile de le joindre par téléphone ? Est-ce que vous tombez directement sur lui ou sur un serveur vocal ?
  • Avez-vous déjà travaillé avec lui ? Si non, renseignez vous auprès d’un autre labo (sur LinkedIn ou via SuperMicrobiologistes)
  • Est-il réactif, vous apporte-t-il rapidement une solution en cas de problème ?

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour choisir le biocollecteur parfait pour votre labo, à vous de jouer !

Prochaine étape, rencontrer des utilisateurs de biocollecteurs pour partager leur expérience avec leurs biocollecteurs.
Si vous souhaitez participer, écrivez-nous à l’adresse suivante : pierre@supermicrobiologistes.fr

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